mardi 3 mars 2015

Monomaniaque

Des fois, très franchement, je me fais limite peur.
Je m'explique. J'ai cette tendance (non soyons sérieux à ce stade c'est même plus une "tendance" c'est quasi pathologique !) à l'accumulation. Depuis très trèèèèèès longtemps. J'aime les objets, les petits riens qui m'entourent, qui chacun à sa façon me racontent quelque chose, qui accompagnent mon quotidien. Il en va de même pour les vêtements, même si je me suis (un peu) calmée sur ce point. Sauf rechutes ponctuelles.
Bref oui j'accumule, je collectionne, un peu de ci un peu de ça, avec passion toujours, avec frénésie parfois.
Quand je dis que ça me fait presque peur en fait, c'est parce qu'on a bougé pas mal de choses dans notre appartement avec mon homme ce week-end, et c'est juste l'hallu tout ce que j'ai dans tous les coins ! J'ai pourtant l'habitude de trier très régulièrement objets, bibelots, vêtements. Mais ça ne suffit pas : il faut se rendre à l'évidence, ce n'est pas l'appartement qui rétrécit, c'est moi qui le remplis !

Et dans le rayon je collectionne, je suis championne pour chiner et conserver des pièces coup de coeur que je ne porterai jamais... Pour exemple, je voulais vous parler d'une forme de robe typique des années 40, américaine, que j'affectionne beaucoup même si elle ne me le rend pas forcément super bien.


  
Décolleté en V avec la plupart du temps quelques fronces aux épaules ou à la poitrine, découpe "princesse", manches courtes légèrement ballon, jupe près du corps. Et surtout, des imprimés bien flashy, bien présents. 





Tout a commencé avec cette délicate robe de soie dans un camaïeu de marrons et de beiges, chinée sur Etsy. Un gros coup de coeur à l'époque. Comme je l'aimais ! En ce temps-là pas si éloigné, j'étais mince, et elle m'allait à ravir... Hors de question de tenter d'y renter aujourd'hui, j'aurais trop peur de tout défoncer ! Du coup cette jolie pièce sommeille depuis dans mon placard. Mais elle n'est pas restée toute seule bien longtemps...




En jersey imprimé dans des tons bordeaux ou jaunes, en velours bleu rebrodé de perles, j'ai également porté ces trois-là. Aujour'hui la seule dans laquelle je peu espérer rentrer est la jaune, mais si c'est trop moulant c'est quand même moins top... Snif.





Et puis viennent celles que je n'ai jamais portées, et que même si je perdais 20kg je ne pourrai pas fermer tant elles sont faites pour une morpho différente. La première est en jersey, et m'a fait flasher avec ses grandes fleurs mauves. La seconde, en soie, minuscule, a un imprimé qui résume à lui seul tout ce que j'aime. Que ne suis-je pas filiforme  pour pouvoir rentrer là-dedans ! 


Las ! même si je ne les porterai jamais, je ne peux m'en défaire. Ces robes ne sont que la partie émergée de l'iceberg...mon placard renfermera bientôt autant de pièces "collection" que de robes portables ! Et c'est sans parler des chapeaux, chaussures, sacs...

Mais je poursuis le rêve un peu fou d'avoir un jour l'occasion d'exposer tous ces trésors dans un musée...





dimanche 1 mars 2015

Escapade Lyonnaise

Pour nous qui avons l'habitude des week-ends chargés menés au pas de charge, la fin de semaine dernière n'a pas fait exception. En effet nous avons passé quelques jours à Lyon, mêlant déplacement pro et perso, entre chine, découvertes, autoroutes, cailloux, travaux et recettes de cuisine. Vaste programme !
 
 
Ayant bravé la fatigue accumulée pour partir en pleine nuit, nous sommes arrivés aux sacro-saintes Puces du Canal vers 10h. Le vent glaçant et une météo peu clémente n'ont pas eu raison de notre soif de trouvailles ! Je n'avais arpenté ces allées qu'une fois, il y a 6 ans, et j'en avais gardé un bon souvenir. Mais aujourd'hui, avec mon expérience accrue par les années, et à la lumière des autres puces et foires que j'ai eu l'occasion de parcourir, j'ai été franchement déçue. Par les prix, peu voire pas du tout intéressants ! Outre le fait qu'on y trouve quasi que des meubles, les babioles, bijoux, etc, sont facilement majorés. Quant à la fripe, quasi inexistante, n'espérez pas trouver beaucoup de pièces antérieures aux années 60... Bien sûr les tentations sont multiples, j'aurais bien craqué pour quelques jolis meubles mais comme je ne suis pas Crésus et que je n'habite (encore) pas un château, j'ai dû abandonner l'idée.
Bref, si vous passez par Lyon, ces fameuses Puces du Canal valent le détour surtout pour leur ambiance unique et les petits boui-bouis typiques qui jalonnent les allées et où vous dégusterez des tapenades maison ou des plats traditionnels accompagnés d'un petit blanc salutaire. Rayon trouvailles c'est comme à Paris, mieux vaut avoir la bourse bien fournie, ou un beau coup de chance !
 
Saoûlés par le vent qui nous anesthésiait le cerveau, nous avons finalement repris la voiture pour nous rendre dans le vieux Lyon, à la découverte d'une charmante adresse que j'avais aperçue dans les pages du blog de la belle Arlette Vilard : La Limonade de Marinette, au 46 rue Saint Georges. 
 
 
Garés à deux pas, cette ribambelle de solexs n'a pas manqué d'attirer instantanément mon fan de mobylette de mari, et a donné lieu à une jolie rencontre et un belle découverte ultérieure... 
 
 
Fabuleuse ambiance dans cette antre de collectionneur tapissée d'objets divers d'épicerie et de droguerie anciennes.  Où que votre regard se pose, votre oeil est attiré par des centaines d'objets allant des pots de yaourts aux masques de carnaval, en passant par de multiples boîtes de conserve, de fromage, des porte-clés, bouteilles, etc etc. Un lieu qui ne pouvait que me plaire, moi qui suis aussi une collectionneuse compulsive (à moindre échelle quand on voit ce que ça peut donner sur une trentaine dannées !) !
 














 
Son ambiance désuète et dépaysante lui assure une forte fréquentation : nous avons eu beaucoup de chance d'y trouver une table, alors même qu'ils ne cessaient de refuser du monde. Les tables et chaises en formica accompagnent une vaisselle exclusievement vintage des verres aux assiettes, l'accueil est chaleureux, et on y mange bien sans que ce soit toutefois transcendant (leur gratin de ravioles au basilic est vraiment sympa). Une adresse à retenir !
 

 
Juste à côté, Les Ateliers de Marinette sont le pendant shopping de ce charmant petit bistro. Spécialisée dans les fonds de stock anciens, la boutique est très design et la présentation soignée. On y trouve aussi une sélection d'appareils photo "façon vintage" et une sélection de rééditions de fils électriques en tissu pour customiser vos lampes. Une bonne adresse pour qui aime chiner select et recherche des idées cadeau originales. Niveau prix on a un peu de tout, pour certains articles ils sont raisonnables et justifiés, pour d'autres carrément abusés... 
 Le tout est clair, propre et bien présenté, dans la lignée des boutiques très en vogue en ce moment à Paris comme Tombé du Camion à St Ouen qui propose aussi de nombreux fonds de stocks.
 










 
Venons-en aux trouvailles de ce dimanche lyonnais, entre les puces et les Ateliers de Marinette... Rien de fou, mais quelques pièces bien sympas qui ont su faire battre mon coeur !
 


 
Commencons avec ces charmants moules à pain d'épice en métal qui seront recyclés en jolie déco...
 

 
Cadeau du patron, cette mini boîte assez fun.
 


 
Lyon étant restée longtemps la capitale de l'industrie textile française, il n'est pas rare de croiser ce type de bobines, vides ou non, au gré de vos pérégrinations sur les puces. J'ai jeté mon dévolu sur cet assortiment de 5 bobines différentes dont je me servirai en déco.
 

 
Les coupons de tissu ancien deviennent rares, du coup quand je tombe dessus je prends ! Je destine ce petit coupon de velours bleu roi à motifs, dont je n'ai pas pu rendre la beauté ni la teinte exacte en photo, à un sac ou un turban.
 

 
Un bon métrage de ruban écossais, on ne sait jamais ça peut servir !
 

 
Des boutons, encore des boutons, toujours des boutons ! Ici, quelques uns en bois peint, les autres a priori en galalithe.
 


 
Etonnant, ce genre de moitié de chemisier que je croise souvent dans les tas de vêtements... De nos jours on ne sait pas trop qu'en faire, mais il me semble qu'à une époque ça servait à habiller le col d'une robe trop décolletée, ou même à porter sous un chandail. Un "faux" chemisier donc, un de ces trompe l'oeil dont la mode est coutumière.
 

 
Youpi, une nouvelle broche cigogne pour ma collec !
 




 
Deux petites robes de fillette en coton, années 40 neuves d'époque (elles portent encore leurs étiquettes)...trop chou je craque !!!
 

 
Une veste 40's en velours côtelé camel, qui comble de la chance tombe pile poil, comme si elle avait été taillée pour moi ! Epaules marquées et taille resserrée, ceinture assortie et poches travaillées, cette veste sera une grande alliée de demie-saison.
 



Enfin, cette ravissante veste années 30 en coton imprimé, malheureusement trop petite pour moi mais je ne pouvais pas laisser passer une si jolie pièce ! Elle rejoint ma collection...
 
Lundi, entre chine pour la boutique et travaux dans le resto que nos amis lyonnais sont sur le point d'ouvrir, la journée est vite passée. La fatigue s'accumule mais on tient bon !

Mardi, nous avons commencé la journée par une balade sur les pente de la Croix-Rousse, un des quartiers les plus typiques et sympas de cette ville aux multiples visages. Entre traboules (passages à travers des cours d'immeuble qui permettent de se rendre d'une rue à une autre) et pentes abruptes, c'est du sport !
 

 
Première visite de la journée avec cet atelier de mobylettes dont nous avions rencontré l'associé chez Marinette dimanche, en pleine balade en solex : Le Brélon de Lyon vous propose de visiter la ville sous un autre angle au guidon d'un solex vintage. Une bonne idée pour notre prochain passage !
 









 
L'atelier est carrément rempli de mobs du sol au plafond (sans rire). Ca donne le tournis ! La déco est là aussi une grande collection avec quelques pièces rares. L'accueil est expert et super chaleureux. Autant vous dire que mon homme était aux anges... Du coup il était bien disposé pour partir à la chasse aux friperies avec moi !
Niveau fripes, très franchement, il n'y a rien de bien transcendant. Quelques boutiques sympas, où la petite déco reste abordable, mais si vous cherchez des vêtements antérieurs aux années 60 vous serez déçus... Chez Fripes Ketchup, décritre comme LA fripe de Lyon, la déco très moderne et son parti-pris de présentation fort sympathique font presque oublier qu'on n'y trouve que de la fripe 70's-80's-90's pour hipster et modeux. Bref pas de trouvailles !
 
On pourrait imaginer que la 2nde ville de France par sa taille et son importance serait bien achalandée niveau rétro (entendez de la fripe antérieure aux années 60), eh bien il n'en est rien. La 2nde ville de France après Paris pour le rétro c'est bien Toulouse !!!
 
Re-travaux l'après-midi avec joints de carrelage et ponçage des murs, ouh ça avance j'ai hâte de revenir quand le resto sera ouvert pour déguster de la bonne cuisine alsacienne ! Pour ceux et celles qui sont proches de Lyon ou auront l'occasion d'y passer, ça s'appellera Stamtich et ça ouvre bientôt !!!
 





On termine ce séjour lyonnais en beauté avec une recette que j'aurais dû apprendre plus tôt : bretzel et malicettes me voilà ! C'est enfantin quoique un peu long, et le résultat est...délicieux ! Quand on commence la journée avec une bonne malicette tartinée de beurre salé, ça ne peut qu'aller bien !

C'est sur cette note salée et nostalgique de mon Alsace natale que nous avons quitté Lyon mercredi matin, direction Toulouse. Sur la route, repéré à l'aller, un site que je n'avais jamais visité : l'occasion était trop belle de faire un petit détour pour découvrir enfin Le Palais Idéal du Facteur Cheval !
 
 
En plein coeur du petit village de Hauterives, on entre soudain dans un autre monde...
Je savais le monument particulier et imposant, mais je ne l'imaginais pas si fantasmagorique, étrange, poétique. Les sentiments s'entremêlent quand on découvre ce "palais" de rocaille, érigé en 33 ans par un seul homme.
Mêlant des influences diverses nourries par les longues rêveries générées par une tournée quotidienne de plus de 40kms (!) en quasi état de transe, et par le développement des cartes postales qui offraient à voir le monde et ses merveilles, cet homme aux origines modestes a patiemment construit une oeuvre étonnante.

























Dommage, étant en saison creuse une partie du monument était masquée par un grand échafaudage...tant pis, je reviendrai pour le voir en entier !

J'ai absolument a-do-ré ce endroit. C'est fabuleux ! Et fascinant d'imaginer cet homme revenant sur ses pas après sa tournée quotidienne avec sa petite brouette (conservée dans le "palais") pour ramasser les pierres mises de côté. De l'imaginer passer des heures, des jours et même des nuits à ériger ce bâtiment incroyable au plus près de son rêve. Nourri des paysages et influences de pays qu'il n'a jamais visités...
Les mots me manquent pour décrire pertinemment cet endroit hors du temps, indéfiniment lié au monde du rêve...

Voilà une escapade qui s'est finie en beauté !