vendredi 3 juillet 2015

Lagon

Alors que chaque jour ou presque mon choix de tenues se réduit à cause de mon ventre qui prend de plus en plus d'ampleur, j'ai tout de même réussi à mettre la main sur une jolie compagne fort seyante malgré ces nouvelles formes...
 
 
 C'est sur Etsy que j'ai trouvé mon bonheur, à prix mini car la vendeuse a pris cette jolie robe de la seconde moitié des années 40 pour une copie des années 70. En fait il n'en est rien : sa coupe de robe-chemisier, sa matière fluide (une rayonne a priori), son imprimé, et ses finitions (comme la fermeture éclair d'origine en métal, ce qui est un bon indice) m'ont immédiatement renseignée sur son époque réelle. Et quand je l'ai enfin reçue il y a quelques jours, je me suis vite rendu compte que j'avais vu juste.
 
 
Une petite nouvelle dans mon dressing, dont le coloris d'un vert "lagon" très lumineux tirant presque sur le bleu turquoise est rehaussé par les arabesques noires du motif.
Je ne demandais pas mieux que de débuter ce mois de Juillet caniculaire par une jolie prise de la sorte, permettant à mon bidon de femme enceinte de se calfeutrer dans les plis fluides d'un tissu si agréable à porter ! 
 





 
Rayon accessoires, j'ai fait comme à mon habitude dans le "choc chromatique", car j'apprécie réveiller les tons d'une tenue par des touches de couleurs quasi "antinomiques". Ainsi ce vert-bleu turquoise-lagon est-il remué aujourd'hui par les tons fauves de mes accessoires : marron, serpent, orange.
 
 
Tout commence le plus souvent avec le choix de ma broche du jour : c'est elle qui déterminera le ou les coloris de mes autres accessoires. Etant mon accessoire favori, il est normal que mes broches occupent toujours une place d'importance dans l'élaboration improvisée de mes tenues.
Celle-ci est une délicate palette de peintre en bois peint, années 40, trouvée sur Etsy il y a quelques mois.
 
 
A mes oreilles, des clips 40's en bakélite bicolore chinés à St Ouen l'année dernière. J'adore ce genre de boucles bicolores mais leur rareté les rend souvent très chères, du moins sur le net. Mais avec de la chance, au détour d'une balade aux puces ou en vide-grenier, on arrive encore à faire de jolies affaires rayon bijoux !
 
 
A mon poignet, un très beau bracelet en galalithe marbrée (souvent considérée comme de la bakélite mais a priori il n'en est rien) d'un orange profond que j'aime beaucoup assortir en été. Une jolie trouvaille de vide-grenier effectué il y a deux ans pour la modique somme de...1 E ! Quand on voit à combien certains de ces bracelets s'échangent sur Ebay ou autres, ça laisse songeur...
Il est entouré de petits bracelets revêtus de peau de serpent, chinés ça et là au hasard des friperies et des brocantes.
 
 
Et puis il y a mon sac 40's rapporté de Bruxelles qui ne me quitte plus depuis mon retour, car son poids plume et sa bandoulière en font un allié de choix pour tous les jours. Il est en serpent et ses multiples petites poches pallient à sa taille légèrement réduite par rapport à mon ancien sac de tous les jours qui devenait trop lourd pour mon dos déjà sollicité.
 
 
 
 
 
 
 Si je préfère évidemment de plus en plus les silhouettes plus "près du corps" de la première moitié des années 40, la chaleur et surtout mes formes chamboulées se prêtent mieux aux formes post-guerre, avec des jupes plus amples. Il faudra bien que je prenne mon mal en patience...ma seule angoisse est de parvenir rapidement à retrouver un corps "potable" après l'accouchement, et ainsi prétendre à nouveau à porter mes chères protégées des années 40... En attendant, sur ces photos qu'une fois encore je trouve peu flatteuses (c'est franchement mieux "en vrai" !) on devine à peine que je suis enceinte ! Mais si vous me voyiez en live, ça saute aux yeux :-) J'ai évidemment bien du mal à me faire à cette nouvelle silhouette qui change de jour en jour. Pour le moment, heureusement, je n'ai pas enflé outre-mesure, à part cette prohéminence abdominale rien n'a bougé. Mais mes anciens complexes et mécontentements concernant mon poids sont tout de même toujours présents, voire accentués. Pas évident dans ces conditions d'accepter son reflet dans le miroir le matin, quand en plus on ne peut plus porter ce qu'on aime... Enfin, il faudra bien que je fasse avec ! Mon homme arguerait que ça devra être mon moteur post-accouchement pour me remettre dare-dare au sport et fondre comme neige au soleil...nous verrons bien si j'en trouve la force dans cette fin d'année qui s'annonce fort chargée.
En attendant, je profite à fond de ces dernières occasions de porter les rares robes
40's qui me vont encore !
 
 
 
 

vendredi 26 juin 2015

L'Oubliée

Récemment, je me suis mise à fouiller dans mes stocks de linge "à traiter" pour m'occuper enfin de ces pièces qui attendent parfois depuis plusieurs années d'être retapées. Chemises "grand-père", chemisiers imprimés ou non, robes, polos ou lingerie, les choses s'entassent en attendant d'être détachées, blanchies ou teintes. Beaucoup de linge blanc ayant subi les impitoyables atteintes du temps : les taches jaunes dues au stockage sont légion, et si les moyens de les atténuer ou carrément les supprimer existent, ils demandent quand même un bon coup de motivation car certains prennent du temps. C'est pourquoi une partie de mon stock "dort" paisiblement en attendant de reprendre vie...

C'est en mettant mon nez dans ce monceau de vêtements en attente ce week-end que je suis retombée sur une pièce rare dont j'avais complètement oublié l'existence...



On en croise que rarement sur internet, encore plus anecdotiquement en friperie, et quasi jamais en vide-grenier. Incroyable, dans ces conditions, de penser que j'aie pu complètement oublier que je possédais une blouse d'infirmière années 40 !
Celle-ci est de plus une pièce unique, car sa facture indique sans doute possible qu'elle a été faite maison.



Très probablement cousue maison dans un coton très fin, presque transparent, elle arbore un écusson appliqué à la main au point de côté. Les manches légèrement "ballon" sont resserrés à l'aide d'un bouton, pour une forme de robe-chemisier très féminine et seyante.


  
 Le travail de plis dans le dos et sur la poitrine est plutôt raffiné et seyant pour une simple blouse d'infirmière...



La ceinture est faite d'une bande de coton côtelé plus épais, peut-être une chute de tissu réutilisée ici ?


Je suis la première surprise de cet oubli de ma part, qui a retenu dans les limbes de mon stock cette blouse si particulière. Justice lui est enfin rendue.
Je vous l'aurais bien présentée moi-même, mais mes formes nouvelles m'empêchent de la porter pour le moment ! La taille étant très étranglée, il ne m'est plus possible désormais de fermer la ceinture. Ce serait un crime de risquer de l'abîmer ! C'est ainsi mon mannequin de couture qui l'a revêtue pour que je fasse sortir de l'oubli cette pièce rare. 

Détachée, blanchie et repassée, la voilà prête à rejoindre ma collection...

Ouh ça me donne envie de fouiller plus avant, qui sait sur quelle jolie pièce je vais encore tomber ??? ;-)



samedi 20 juin 2015

Métamorphose

Combien de fois suis-je tombée sur des chaussures anciennes de couleur claire irrémédiablement tachées ? De véritables perles ainsi gâchées par les marques indélébiles d'un stockage prolongé. A travers ma boutique et les multiples stocks que j'ai eus à traiter, j'ai eu l'occasion de tester diverses méthodes pour venir à bout de ces taches, mais rien n'y fait. Seule solution; la teinture. Là aussi j'ai multiplié les tentatives, et les manqués ! Pour en arriver à la conclusion qu'une belle paire, si elle n'est que très légèrement tachée, mérite de rester telle qu'elle. 
Ceci dit, après une expérience malheureuse sur une paire en daim avec la marque Color Dye (produit non prévu pour le daim car c'est une teinture au rendu brillant !), j'ai opté pour la marque Teinture Française, la seule l'unique, qui fonctionne étonnamment bien sur le daim, nubuck etc car elle a un rendu mat.
Voilà, en images, la transformation d'une paire de sandales fin 40's-début 50's dont le daim crème était très tâché de grosses marques d'humidité. 


Là comme ça, elle paraissent nickel, mais à y regarder de plus près, les années de stockage ont laissé quelques cicatrices...


...en l'occurrence, de grosses auréoles d'humidité, avec quelques fois des taches plus petites mais plus foncées. Pas joli-joli.



Alors Hop ! Je dégaine ma teinture, testons le bordeaux... 
Teinture Française, de 7,50 à 9 E la boîte suivant les points de vente ici sur Toulouse (en drogueries ou cordonneries).


Première couche sur le 1er pied, et un constat : super, le daim conserve son aspect mat ! Ouf ! Par contre le masquage des taches est sommaire. Une seconde couche s'impose !



Et voilà le résultat (quasi) final, après deux couches. Verdict ? Une marque que je recommande, utilisation simple et excellent résultat. Ceci dit attention : la teinture n'est pas réellement prévue pour couvrir les taches ! Et du coup, certaines peuvent ressortir après traitement. C'est le cas ici. Alors bon évidemment, si on a pas le nez dessus ça ne se voit pas beaucoup, mais comme je suis un peu perfectionniste je pense repasser au moins une couche pour espérer atténuer encore les taches qu'on devine ça et là. Mais d'ici à ce que je me motive, je bats déjà le pavé avec ces très jolies sandales !

Si vous aussi vous voulez vous lancer dans l'expérience de la teinture de chaussures, permettez-moi de vous dispenser ces quelques petits conseils : protégez bien votre plan de travail, vos mains, vos vêtements, car ça tache fort ! Prévoyez du temps car une couche ne suffit jamais et il faut laisser un petit temps de pose entre chaque couche. Et bien sûr, travaillez dans un endroit bien ventilé car comme tout produit aux composés chimiques ça monte vite à la tête. Pour finir vous constaterez que la gamme de couleurs de Color Dye (dispo sur le net) est plus étendue que celle de la Teinture Française (seulement noir, beige, marron, marine et bordeaux), mais votre choix doit être dirigé par la matière des chaussures que vous souhaitez teindre : pas de daim avec le Color Dye, sous peine de le voir devenir aussi brillant qu'un cuir vernis !

Bonnes métamorphoses, et à très vite pour de nouvelles aventures vintage !
;-)




mercredi 17 juin 2015

Robe 40's et Trouvailles du Samedi

Après avoir patienté toute une semaine, j'ai enfin porté une de mes prises bruxelloises ce samedi, mixée avec d'autres pièces chinées plus ou moins récemment, pour une silhouette typiquement années 40. 


Une robe-blouse très simple, forme chemisier, en coton fin imprimé de fleurs, dans des tons francs qui filent bonne mine autant que bonne humeur ! Parfait, c'est pile ce qu'il me faut ces jours-ci où je commence (déjà !) à avoir du mal à m'habiller, avec mes nouvelles formes... C'est encore assez minime, mais pour pas mal de mes robes ce surplus de taille et de ventre est rédhibitoire. Boutons qui baillent, hanches devenues trop étroites...il n'y a plus guère que les formes ayant de l'aisance sous la ligne de taille qui peuvent passer. Heureusement, c'est le cas de celle-ci, qui en plus est hyper confortable. Je ne la quitte plus ! 



Comme la matinée est fraîche, j'ai assorti mon cardigan d'époque chiné sur Ebay il y a quelques mois aux petites touches de vert de l'imprimé. Ce petit tricot ajouré, court, à forme de boléro, s'assortit très bien aux robes-chemisiers typiques de la décennie. Une bonne prise, rare sur le net comme ailleurs !



Côté lunettes, c'est également les années 40 qui sont à l'honneur, pas de mélanges dans cette tenue ! J'avais chiné cette paire 40's en acétate translucide en vide-grenier il y a plus de dix ans. Deux euros ! A l'époque je ne savais pas qu'elle dataient des années 40, mais j'avais flashé sur leur forme et leurs bras travaillés. J'aime les porter en été car leur couleur claire s'accorde bien avec les tons que j'emploie en cette saison chaude.



A mon col, pour rappeler le orange des fleurs de l'imprimé, une broche années 40 en résine sculptée, chinée à Clignancourt il y a un petit moment. J'ai peu d'orange et par conséquent je veille jalousement sur ce petit poisson qui sait égayer toute tenue haute en couleurs.



Aux oreilles, une paire 40's toujours, en résine sculptée. Je les adore. Leur forme, leur taille, leur couleur, tout me plaît !



Quant au sac...quel sac ! Vous reconnaissez les codes de la période de restriction textile : forme trapèze, cadre en bois peint, peu de cuir, et matériau "alternatif". En l'occurrence, une espèce de paille finement tressée, dont la couleur douce est rehaussé par le rouge sang du cadre et des empiècements de cuir. C'est un sac que j'ai depuis longtemps mais que je n'avais encore jamais sorti... Je me souviens l'avoir chiné quelques temps après notre arrivée sur Toulouse, sans réellement savoir à l'époque ce qu'il représentait historiquement pour la période. Mais sa forme, sa couleur m'avaient plus, je l'ai donc gardé dans un coin, avec d'autres semblables chinés également "par hasard"... Depuis, mes connaissances se sont affinées, précisée, et je collectionne assidument ces sacs d'époque restriction !


A part les chaussures qui sont actuelles (je n'ai pas le coeur à porter mes sandales restriction en ville, trop peur d'abîmer ces trésors historiques) mais restent dans l'esprit avec leurs semelles de bois, toute cette silhouette typiquement années 40 est composée de pièces d'époque. Des couleurs appuyées qui ont le chic de réveiller cette journée de samedi un rien grisette, et un style aussi pratique que féminin que j'aime toujours autant porter au quotidien !

 Passons aux trouvailles du jour qui, au regard de ce que j'ai rapporté de mon séjour de la semaine dernière, sont restreintes évidemment...mais j'ai tout de même déniché quelques menus trésors :


Pas mal de papier et un peu de laine et de dentelle..pas si mal pour un début de week-end pluvieux !


Une application de dentelle sur fond de tulle, pièce probablement issue d'un ensemble beaucoup plus important dont il ne subsistait rien. Je ne sais pas encore comment la "recycler", mais je trouverai quand le moment sera venu !


Un petit gilet sans manches à boutons de bois, très probablement années 40... Dommage, dans les cartons prometteurs beaucoup de vaisselle et de papiers, mais pas d'autres vêtements...c'est dans ce lot que j'ai également trouvé le petit sac que vous verrez plus bas, ce qui laisse supposer que la maison devait receler d'autres pièces années 40 sans doute "passées à la trappe",  fort malheureusement !


Évidemment la réaction de mon homme était du genre "Ah, il te manquait quelque chose pour descendre les poubelles ?"  Je conçois que ce n'est pas hyper facile à porter, surtout cette couleur dont je ne suis pas coutumière. Ceci dit je vais quand même faire l'essai avant de décider si je garde ou pas...

Venons-en aux papiers, nombreux, avec ce lot de livrets de chansons, toutes années 30-40, une aubaine à tout petits prix !


Aaaah le grand, l'unique Fernandel ! Contente d'avoir mis la main sur la géniale "Félicie Aussi" !


Quelques feuillets qui nous transportent immédiatement dans l'ambiance...témoins historiques s'il en est !


Deux excellentes chansons de Johnny Hess, dont "Je suis Swing" qui est une de mes préférées dans le genre (trop contente)


Tino Rossi, Edith Piaf, Arletty, Mistinguet et autres...bonne pioche !


En vrac, quelques chansons connues et moins connues...que du bon !


Un peu de swing fait toujours du bien !


Quelques chansons du célèbrissime Maurice Chevalier, l'homme au canotier...


Multiples chansons 40's, dont la très parlante "Good Bye Adolf" que je ne connaissais pas...


"Ils Sont Zazous" de Johnny Hess !


Enfin, quelques chansons de Charles Trénet parmi mes préférées, dont "Ménilmontant" ou "Swing Troubadour", et surtout "Le Soleil et la Lune" que j'affectionne depuis l'enfance car ma Grand-Mère la fredonnait très souvent...


Terminons avec ce petit sac années 40 d'époque restriction textile, vous l'aurez deviné à sa matière. Bien moins ouvragé que ceux que je collecte passionnément et dont vous commencez à identifier au premier coup d'oeil la silhouette typique, celui-ci semble fait à la maison par quelque ménagère douée de ses dix doigts. Elle aura sans doute trouvé dans un magazine la marche à suivre pour confectionner ce petit sac discret et pratique dans toute chute de tissu. Il s'agit ici d'un épais drap de laine noire, de ces lainages rêches et grattants qu'on trouvait alors. La doublure intérieure, à la finition au petit point de côté qui nous renseigne sans doute possible sur le fait qu'il est bâti à la main, est en tissu satiné noir, avec une petite poche appliquée dans laquelle j'ai trouvé une carte de visite, certainement celle de la propriétaire de ce petit sac : ainsi, il appartenait à Mme Vve Félix HAILLE, habitant au 13 chemin du Préfet à Toulouse. C'est si rare d'avoir des renseignements sur les personnes à qui ont appartenu ces pièces que je chine ! C'est émouvant de savoir que cette dame a sans doute confectionné ce sac dans une chute de tissu en période de guerre, afin de rester élégante et féminine malgré tout...

Pour ce qui est de son état, ce sac est plutôt préservé bien que je l'aie trouvé en état direct grenier donc extrêmement poussiéreux, avec des restes du passage de mites. Friandes de ce type de matières, elles ont laissé quelques trous mais assez minimes. Je m'interroge sur une éventuelle customisation de ce petit sac tout simple à l'aide d'un cordonnet ancien qui sommeille dans mes stocks... En tous cas je me servirai certainement de son exemple pour me fabriquer d'autres sacs en tissu, car son modèle est aussi simple que pratique. A vos machines à coudre ! 

 

Un samedi 40s du look aux trouvailles, donc un samedi idéal ou presque ! Dommage que le dimanche et ses promesses de nouvelles trouvailles en vide-greniers ait été gâché par une pluie battante... Ca me tiendra donc en haleine jusqu'à la fin de semaine pour de nouvelles trouvailles !